Identité et chiffres

Une agriculture de montagne

L’agriculture de Tarentaise s’est développée autour d’un relief de montagne marqué dont les altitudes varient de 400 m à 3852m. Ces vallées alpines présentent de fortes inégalités territoriales entre les adrets et les ubacs ou encore entre les villages/stations et les fonds de vallée. Depuis des siècles les agriculteurs se sont adaptés à ces conditions et ont façonné une agriculture originale et unique. La prédominance de terrains pentus a favorisé le développement de l’élevage.

La filière élevage

L’agriculture tarine est basée quasi exclusivement sur l’élevage. Les exploitations de Tarentaise élèvent pour 77% des vaches laitières et pour 23% des ovins et caprins.

L’élevage bovin compte 202 exploitations, dont les deux tiers sont professionnelles. 12 000 bêtes passent l’hiver en Tarentaise. Une exploitation tarine possède en moyenne 34 vaches laitières pour une production moyenne de 100 000 litres de lait par an soit trois fois moins que la moyenne française. Les vaches de race Tarine et Abondance sont les plus représentées.

Pour en savoir plus sur la race Tarine, vous pouvez vous rendre sur le site de l’UPRA Tarentaise.

En dehors de quelques exploitations modernes, l’élevage ovin/caprin est resté de type traditionnel car 71% des 137 exploitations sont encore non professionnelles. Le cheptel est de 8 455 têtes hivernées et la prise en pension d’ovins sur les alpages en été reste majoritaire. La filière viande se développe progressivement depuis quelques années, notamment en viande d’agneaux, au travers de ventes en circuits courts. En lait de brebis et de chèvres, des transformations de qualité se font sur le territoire. Une quinzaine d’ateliers transforment, en alpage ou sur le siège de l’exploitation.

Quelques productions diversifiées

Malgré l’importante prédominance de l’élevage en Tarentaise, on compte quelques productions diversifiées : producteurs de Génépi et de plantes médicinales, des apiculteurs, quelques vignes et vergers et de rares maraichers.

Producteurs de plantes de Savoie

Producteurs fermiers

Production de plantes aromatiques et médicinales

Ruches

Verger sur la commune de Le Bois

Maraichage à Seez

Un système basé sur l’herbe toute l’année

Le système agropastoral tarin permet de fournir aux troupeaux une alimentation basée sur l’herbe toute l’année. Le pastoralisme est un système d’élevage qui permet de mettre en valeur des espaces naturels sous contraintes (relief, climat…). La Tarentaise compte 56 000ha d’alpages, soit 40% de la surface d’alpages de la Savoie. Lors de la période estivale, les bêtes sont amenées dans les alpages, qui représentent une ressource fourragère appréciable et de grande qualité floristique. Pendant cette même période, les prairies de fauche sont coupées et le foin est stocké pour l’alimentation hivernale. L’ensilage n’est pas pratiqué dans la vallée, il est d’ailleurs interdit par le cahier des charges Beaufort. Ce foin représente la base de la ration hivernale complémentée de concentrés obligatoirement non OGM. L’automne et le printemps sont des périodes de transition. Selon les disponibilités en surface autour du siège d’exploitation, les troupeaux peuvent sortir du bâtiment pour pâturer les prairies alentours ou bien rester sur des prairies de moindre altitude, appelées « montagnettes ».

En Tarentaise, l’organisation de l’espace pastorale est héritée des grandes entités collectives que l’on appelait autrefois les fruits communs. Aujourd’hui, on compte 252 alpages en Tarentaise. Leur surface moyenne est de 226 ha, alors que la surface moyenne des alpages au niveau de la Savoie est de 140 ha. La taille importante des unités pastorales impose des pratiques de traite mobile sans logement des animaux afin de limiter les trajets des vaches et de valoriser au mieu les quartiers d’alpage les plus excentrés.

En alpages, la présence humaine est très importante. Pas moins de 310 UTH (Unités de Travail Humain) sont présents, dont 150 postes de bergers et fromagers salariés. Les alpages de Tarentaise sont les plus habités de Savoie durant la période estivale.

Alpage de Plan Pichu, commune de Granier

Une agriculture intégrée dans une économie locale dynamique

En Tarentaise, agriculture et tourisme sont étroitement liés. Support du plus grand domaine skiable au monde, la Tarentaise s’est fortement développée grâce à l’essor du tourisme d’hiver. Cela ne s’est pourtant pas fait au détriment de son agriculture qui, grâce à de puissantes organisations collectives, a su mettre à profit les potentiels débouchés et capter de la valeur ajoutée sur les produits locaux. Le lien entre tourisme et agriculture est également présent au cœur même des exploitations, alors que 40% des agriculteurs du territoire sont pluriactifs. Aujourd’hui, l’agriculture tarine vise à accompagner le développement du tourisme estival et à faire valoir son rôle et ses atouts en matière de pastoralisme et d’entretien paysager. 

En plus de cela, l’activité agricole génère un grand nombre d’actifs directs et indirects. Les trois coopératives de la vallée emploient environ 200 salariés. L’été, la gestion des troupeaux génère également beaucoup d’emplois : ce sont environ 150 salariés qui y travaillent. Le type d’agriculture et de valorisation de la vallée génère donc plus d’emploi que dans des zones agricoles plus productives.

Si ce fort dynamisme économique peut profiter au secteur agricole, il ne faut pas oublier que le développement de certaines infrastructures, la croissance démographique et l’urbanisation croissante peuvent venir menacer la ressource foncière, pourtant si nécessaire au maintien d’une agriculture basée sur l’exploitation des prairies naturelles. L’espace est extrêmement contraint dans la vallée : 3% du territoire est à la fois à une altitude inférieure à 1500 mètres et présente une pente modérée. Ces 3% sont fortement convoités pour d’autres usages que l’activité agricole. Pourtant, le maintien des prés de fauche est indispensable pour garantir l’appellation Beaufort dans la vallée. En effet, chaque exploitation doit impérativement alimenter son troupeau avec au moins 75% d’herbe issue de la zone. De même, la préservation du foncier agricole est nécessaire pour permettre le renouvellement des exploitations sur le territoire et faciliter de nouvelles installations.

La préservation du foncier agricole est l’un des enjeux majeurs du SCOT porté à l’échelle de la Tarentaise par l’Assemblée du Pays Tarentaise Vanoise. En tant qu’outil de planification, le SCOT a pour mission de localiser le foncier stratégique pour l’agriculture et d’identifier les options de valorisation de certains secteurs.

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